Publié le 18/05/2026
Alors que depuis quelques années de nombreux établissements traversent une période complexe, cela n'empêche pas des passionnés de se lancer dans l'aventure de restaurateur. C'est le cas de Fabrice Bloch, fondateur du restaurant Aux Vents et Marées à Ault, dans les Hauts-de-France.
Ouvert il y a un peu plus de deux ans, ce restaurant n'est pas le fruit d'un parcours classique. Ancien graphiste et journaliste, Fabrice s'est lancé à près de 50 ans avec une vision claire, mais sans certitudes figées. Une conviction : construire un lieu en résonance avec qui il est avec son environnement.
« J'avais une vision de ce que je voulais faire, mais le chemin pour y arriver, je l'ai tracé en relation avec mon territoire et mes clients. Je n'ai pas la science infuse. »
Dès le départ, le projet repose sur une approche simple mais exigeante : proposer une cuisine en adéquation avec son identité, sincère et transparente.
Fabrice a voulu faire son restaurant idéal comme s'il en était lui-même le client. Pas question de s'ancrer dans la mode ou de suivre les tendances du moment : l'ambition est de créer quelque chose d'intemporel. « C'est comme à la maison, mais en mieux. » Une proposition lisible, compréhensible, qui ne cherche pas à surjouer mais à exprimer une identité singulière.
Mais au-delà de l'assiette, c'est la méthode qui interpelle. Fabrice a choisi de construire son restaurant "brique par brique", en s'appuyant sur ce qui l'entoure :
un territoire en mouvement, Ault, dont l'attractivité croissante participe à la dynamique
des clients locaux, considérés comme les premiers ambassadeurs.
une relation directe, nourrie dans le temps.
le fonds de commerce acquis au bon prix, pensé dès l'origine pour offrir un rapport qualité-prix solide et durable.
Ici, pas de stratégie d'acquisition rapide. Le développement s'est fait d'abord par le bouche-à-oreille, lent mais solide. Une reconnaissance construite dans la durée, avant d'être amplifiée récemment par un accompagnement sur les réseaux sociaux.
« Je me concentre d'abord sur les gens d'ici. Ce sont eux qui font le restaurant. Ensuite seulement, j'ai cherché à le faire savoir, et la stratégie de communication sur les réseaux sociaux n'a fait que confirmer ce que l'on avait construit dans le temps. »
Ce modèle rappelle une évidence parfois oubliée : un restaurant ne se construit pas seul. Il se co-construit avec un écosystème de chaîne humaine — clients, producteurs, territoire — qui en devient partie prenante.
Dans cette logique, rejoindre le Collège Culinaire de France s'inscrit naturellement comme une nouvelle étape.
« Entrer au Collège après deux ans d’existence, c'est une brique supplémentaire. Ça me permet de m'engager encore plus sur mon territoire et avec les autres artisans, notamment les producteurs. »
Ce parcours illustre une forme de coopération élargie : non seulement entre artisans, mais aussi avec son territoire et une clientèle engagée. Une manière concrète de rappeler que la réussite d'un établissement ne repose pas uniquement sur un concept ou une stratégie, mais sur la capacité à s'ancrer, écouter et construire dans le temps.