Les visages du Collectif

Le rosé, un vin de garde ?

Propriétaire du domaine de Terrebrune, Reynald Delille nous donne son point de vue sur le potentiel de garde des vins rosés...

 

Est-ce que tous les rosés ont un potentiel de garde ?

« Le potentiel des vins de garde concerne certains terroirs et certains assemblages. C’est une question de terroir, comme les grands vins. Par exemple, nous à Bandol, nous sommes sur de grands terroirs calcaires, de grands cépages de rouges comme le Mourvèdre. Nos rosés sont à 60% de Mourvèdre. Le potentiel de garde des vins dépend également de la politique du vigneron et de la qualité de son travail (ici, nous contrôlons de manière très stricte les rendements - 5 grappes par pied maximum). Pour faire de grands vins il faut avoir un terroir, des cépages et la philosophie qui va avec.

Le problème des rosés et des vins blancs est que l'on fait des fermentations de jus de raisin sans considérer la qualité et les rendements ; à partir de là on ne peut pas faire de grands vins... Chez nous, c’est d’abord un grand vin avant d’être un vin de garde. Nos rosés ont la capacité, lorsqu’ils sont jeunes, d’enchanter automatiquement et de s'allier élégamment à une cuisine d’été. Mais ils ont aussi la capacité de vieillir car tout ce qui génère la qualité est présent et a été travaillé en amont. C’est une philosophie et c’est pour cela qu’on ne peut pas généraliser le potentiel de garde dans les rosés. »

 

Quels conseils pourriez-vous donner aux vignerons qui souhaiteraient améliorer le potentiel de garde de leur vin ?

« L’identité du terroir est l’acteur principal d’un grand vin rosé et donc d’un vin de garde. Il faut être discipliné et impliqué dans la qualité de son travail, avoir une réelle philosophie et des valeurs. Cela passe par le contrôle des rendements - la vigne doit d'ailleurs souffrir un peu pour faire de grands vins. Et chaque année, chaque rosé aura son propre caractère de millésime.

Vin blanc ou rosé, c’est l’amer qui joue sur la qualité (contrairement aux tanins dans un vin rouge). Ces amers sont liés à la concentration du raisin, sa maturité et le terroir qui vont faire que ce vin va avoir un intérêt en gastronomie. Et les rosés ont un grand intérêt en gastronomie. On sait les faire, et il n’y a pas trop d’interventionnisme. Il faut être précis et attentif à respecter le terroir, le raisin, la cueillette à la main, la récolte par parcelle, etc.

On ne peut donc pas généraliser sur la garde des rosés - il y a tout un travail en amont."

REYNALD DELILLE

Établissement(s) rattaché(s) à ce témoignage

Derniers témoignages

Dynamiser son activité avec des offres créées en coopération

« Je suis toujours dans la recherche et la création de nouveaux produits. Grâce au CCF, je fais des rencontres, je go&uci...

LAURE FOURGEAUD

Lire la suite

Créer des solutions et nouveaux débouchés

« Pendant le confinement, j’ai réfléchi à comment je pouvais aider les producteurs à qui nous ne pou...

NADIA SAMMUT

Lire la suite

« En période difficile, la communication avec l’équipe doit être claire et soutenue »

Frédérique Chenevrier-Triquet, Cheffe des Restaurants de Qualité Saisons et Poulette à Asnières-sur-sc&eg...

FREDERIQUE CHENEVIER-TRIQUET

Lire la suite

Le Collège Culinaire de France en chiffres

1

Mouvement associatif totalement indépendant financièrement des pouvoirs publics et de l'industrie agro-alimentaire et de tout corporatisme

3000

Restaurants Producteurs Artisans de Qualité membres passionnés répartis sur l'ensemble des territoires

100%

Sélection et contrôles indépendants réalisés par 220 référents restaurateurs et producteurs artisans en régions et validés obligatoirement à l’unanimité par les chefs fondateurs

+150

Evènements et rencontres réservés aux hommes et femmes de métier (Journées d’Echanges Nationales & Régionales, etc.) dont certains ouverts à tous (Marchés Complices, Dîners Complices, etc.)

Vous avez une question ?

Contactez-nous au 01 44 90 50 81 (Lun-Ven : 9h-18h)

Restez informé !